Aujourd'hui, premier jour de stage.
J'aime pas les premiers jours. On sait rien, on connait personne, on reste bloquée dans l'escalier parce qu'on a un badge qui ne fonctionne pas et on se perd dans des couloirs en verre qui se ressemblent tous. On croise des tas de gens qui lèvent à peine un oeil sur le sourire forcé de la centième stagiaire de l'année, un oeil distrait, un oeil blasé, un oeil parfois un peu condescendant. Ma directrice de stage est heureusement accueillante et le boulot me semble intéressant. Je croule déjà sous les dossiers, y'a mille livres qui sortent en même temps, et mille mots de vocabulaire technique que je dois apprendre en 5 secondes.
Le seul problème, c'est la stagiaire avec laquelle je vais devoir cohabiter jusqu'à la fin de la semaine prochaine. Le courant ne passe pas. Elle m'a expliqué le fonctionnement de la boîte, on a mangé ensemble à midi dans le restaurant d'entreprise (la cantine de l'école primaire en pire). Mais sous la façade amicale de nos conversations, je sais -et elle sait sans doute aussi- qu'on ne va pas devenir meilleures amies. Je trouve qu'elle parle trop fort, trop souvent, qu'elle est usante avec ses moi-je, que son sens de l'organisation est douteux et que son énorme bracelet blanc en plastique est de très mauvais goût. Gobalement, elle fait, comme dirait William, beaucoup de bruit pour rien, et elle manque cruellement de simplicité. Je n'aime pas les gens qui manquent de simplicité. Sauf quand ce sont des génies. Ce qui est loin d'être son cas. Bref, pour finir de dresser le charmant portrait de ma camarade de stage, je dirais qu'elle est narcissique sans être attrayante et compliquée sans être intéressante. Et oui, je juge les gens sur une seule journée. Je suis en mode-[amère]. Je dois cracher mon venin avant qu'il ne m'étouffe. C'est le prix de l'hypocrisie professionnelle.
Publié par Célestétoile à 00:17:42 dans Sur le fil | Commentaires (5) | Permaliens
Cette nuit, j'ai rêvé que je trouvais la lampe d'Aladdin dans un musée. Mais elle était vide. Pas de génie, pas de souhaits. J'étais super déçue, et en examinant minutieusement l'intérieur de la lampe, j'ai déclaré, tout à fait sérieuse : "Il doit être en RTT".
Même dans mes rêves, j'ai pas le droit de rêver. C'est con.
Publié par Célestétoile à 13:11:24 dans Sur le fil | Commentaires (8) | Permaliens
La question est la suivante :
Si vous aviez la possibilité de passer un coup de fil à une personne célèbre disparue (UN SEUL coup de fil)...
... Qui appeleriez-vous et pour dire quoi ?
Publié par Célestétoile à 12:57:11 dans Sur le fil | Commentaires (39) | Permaliens
Mon blog est comme moi. Parfois, il est trés bavard, et parfois, il se tait. Pendant longtemps. A l'abandon. Il reste dans le silence et s'efface jusqu'à se faire oublier. Perdu au milieu de nulle part, entouré d'autres blogs qui le croisent ou qui l'ignorent, qui l'indiffèrent ou qui le touchent, il hésite souvent entre la joie légère de la vie et les profondeurs insondables de la mort. Mon blog est comme moi, il aime essayer de nouveaux habits, mais il revient inlassablement vers les mêmes couleurs. Il change de robe (oui, mon blog est une fille) et de maquillage, et malgré la robe, et malgré le maquillage, il a l'impression d'être toujours le même sous la poudre et les tissus, il voit toujours ce même regard, cette même question, ce même sourire qui n'en n'est pas un. Il est partagé entre son humour idiot et son spleen idiot, et mesurant l'idiotie de l'un et l'idiotie de l'autre, il ne sait pas vraiment quelle est la façon la plus intelligente d'être idiot.
Publié par Célestétoile à 20:49:39 dans Sur le fil | Commentaires (12) | Permaliens

Je ne sais pas ce qui se passe, depuis deux mois. Ca a commencé par un sentiment de pression et d'empressement. Je me sentais réellement dépassée par les évènements, par la fac, mais pas seulement. Ensuite, y'a eu la période d'hyperaction, genre je marche, je marche, j'avance dans ma vie, mais nooooon j'ai pas mal aux jambes, mais en fait si, et je finis par m'écrouler. Après, y'a eu la période je-m'en-fous-de-tout, je mets des œillères, "tout va bien-je gère-je maîtrise", et puis, au fond, cette petite douleur qui vous dit que vous êtes une sale menteuse. Alors forcément, PAF, DarkCéleste, qui n'était pourtant pas invitée, défonce la porte, et vient se vautrer dans votre canapé mental, devant la télé de votre petite vie, et elle se délecte en bouffant du pop corn devant ce film tellement mal réalisé. Mais "techniquement", tout va bien, j'ai un stage de trois mois (cet été) dans une graaaande maison d'édition, je pense que les partiels ne me poseront pas de problemes, je fais beaucoup de baby sitting (donc financièrement, ca va, après un gros creux, j'ai fini par remonter la pente). Mais voila, je suis pas bien, enfin je veux dire, y'a plein de choses qui tournent autour de moi et je me dis "Mon dieu, mais où je suis ?", je ne sais plus ce que je veux, ce que je vis, ce que je vois. J'ai envoyé balladé le baby sitter qui s'est montré trop entreprenant avec moi, en fait, je fais comme ca depuis un moment, je crois. Je fais ma sauvage. Je pensais être en jachère, je me demande maintenant si je suis encore cultivable. La musique que j'ecoute en boucle ne m'aide pas vraiment, en fait y'a pas mieux pour naviguer dans les eaux noires de la déprime. Je suis loin de tout, les choses quotidiennes me semblent floues, je ne suis pas vraiment dans la realité. Je crois que je fais naufrage, il est où le radeau, bordel, il est où, mon radeau, elle est où, mon île ?
Je sais à l'avance qu'il ne va pas me plaire, ce stage, je l'ai senti le jour de l'entretien, pour vous dire, y'avait même pas de livres, y'avait que des ordinateurs, partout, et des gars en costards qui ne te regardent pas, des portes transparentes, des réunions dans des bureaux qui sonnent faux, on dirait des décors de films, je sais que je vais détester, c'est de la poudre aux yeux, tout ça. Je sais que la petite maison d'édition va me manquer, là bas c'était petit, oui, mais on sentait l'odeur des pages, le parfum de l'encre, y'avait des livres partout, et des affiches au mur, et des sourires, et des gens qui te regardent dans les yeux.
Bref, je ne sais pas ou j'en suis. Je ne peux pas dire que je suis dans la déprime. C'est plutôt de la rage, en fait, de l'énervement... J'ai toujours envie de pleurer mais je ne sais pas pourquoi, je suis sur les nerfs tout le temps, je trouve que tout est triste, que tout est raté, que tout est bancal, je trouve que je suis la premiere à être triste, à être ratée et à être bancale. Peut-etre que j'ai juste besoin de vacances. Non, pas de vacances, en fait, je m'en fous d'avoir des vacances si c'est pour tourner dans mes 18m² comme une lionne en cage. Je voudrais plutot un Voyage, n'importe où, partir loin de Paris, même une journée, être ailleurs et ne pas penser.
Publié par Célestétoile à 19:04:26 dans Sur le fil | Commentaires (9) | Permaliens