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Trois têtes et pas un cerveau | 03 septembre 2006

Normalement, Cerbère -le chien mythologique- il a trois têtes. Le Cerbère que je connais, lui, il a trois neurones. Ce qui explique sans doute son incapacité totale à prononcer les deux syllabes qui forment le mot « bonjour ». A la place, on a droit à un grognement à peine audible. Et encore ! C'est quand il est de bonne humeur (c'est-à-dire un jour par mois).
 

Ce qui est intriguant, avec Cerbère, c'est qu'il ne fout rien de la journée, mais pourtant, il sue comme un porc. Il ne répond jamais au téléphone, mais alors jamais, jamais, jamais. Je pense que c'est une machine trop évoluée pour lui, il n'a pas dû comprendre son fonctionnement. Je crois aussi qu'il a une malformation au niveau du visage, car il ne sait pas sourire. Quand par chance (ou par maladresse), il essaie, il a l'air d'une momie putréfiée. Une absence de zygomatiques, peut-être ? Ca ne doit pas être évident de vivre avec ce terrible handicap. Du coup, un peu de pitié vient s'ajouter à l'immense mépris que je ressens pour lui.

Mépris que j'ai ressenti dès notre première rencontre. Car voyez vous, ce jour là, j'ai fait une erreur monumentale !! J'ai frappé à sa porte au lieu d'appuyer sur la sonnette. Il m'a engueulé pendant une demi-heure à cause de ça. C'est vrai que je me demande encore comment j'ai pu tomber aussi bas ! Frapper à une porte ! J'aurais du réfléchir avant de commettre ce crime abominable. J'attends encore que la police vienne me chercher pour aller purger ma peine à Fleury-Mérogis, avec les autres frappeurs de porte.

Je dois dire qu'en plus de la pitié et du mépris, j'éprouve aussi une certaine fascination à son égard. Je le regarde et je me dis : Mais comment est ce possible d'être aussi parfaitement idiot ? Oui, Cerbère, c'est la perfection de l'idiotie. A Noël je vais faire ma BA et je vais lui acheter du déodorant. Au pire, il le bouffera, et ça lui donnera bonne haleine (Parce qu'à ce niveau là aussi y'a du boulot).

Bien sûr il n'est pas comme ça qu'avec moi. Quand il doit accueillir des visiteurs, il leur fait tellement peur que les pauvres n'osent plus revenir... Le plombier m'a demandé un jour quelle mouche avait piqué le concierge. Le facteur est terrorisé quand il passe dans la rue. Comme vous vous en doutez, il y a plusieurs résidents qui se sont plaint de lui auprès de l'agence immobilière qui l'emploie. On leur a répondu que « Monsieur Bip » était « seulement un peu bourru ». Dans  ce cas, Jack l'éventreur ou Freddy Krueger étaient, eux aussi, « un peu bourrus ».  

Je ne sais pas vraiment ce qui pourrait le calmer (à part une petite piqûre chez le vétérinaire le plus proche). Je me penche sérieusement sur la question.

Toujours dans la mythologie, certains ont réussi à amadouer la bête féroce en jouant de la lyre. Je suis un peu sceptique sur les goûts de Cerbère en matière de musique classique, mais si les Dieux l'ont fait, c'est que ça doit marcher.

Je vais me mettre au solfège.

Publié par Célestétoile à 14:00:21 dans Sur le fil | Commentaires (5) |

Le parfum de l'enfance | 13 août 2006


Si vous voulez me faire plaisir, achetez moi des cerises.


Oubliez les fleurs, les chocolats, les bijoux ou les parfums.


Offrez moi un kilo de cerises et vous obtiendrez de moi tout ce que vous voudrez.


 

Publié par Célestétoile à 15:24:32 dans Sur le fil | Commentaires (3) |

Entre la rétine et le coeur | 17 juillet 2006



Je n'aime pas les tas de muscles, je n'aime pas les cheveux pleins de laque, je n'aime pas les corps cramés aux UV, je n'aime pas les garçons qui regardent les magasines pour savoir comment s'habiller. Je n'aime pas ces physiques si communs et si normaux qu'on voit sur les affiches dans le métro. Je n'aime pas le mec de la pub pour Meetic, qui me saute au visage quand je suis sur internet, avec son immonde petit sourire rassurant et son pull sur les épaules. Je n'aime pas les tentateurs de l'île, je n'aime pas les apollons des podiums.

Des garçons charmants, jolis, mignons, craquants, élégants, j'en ai vu des tonnes.


Mais un homme beau, je n'en vois qu'un. Un seul. Et c'est peu vu le nombre de personnes ayant déjà traversé mon champ de vision.
Je parle de cette beauté que vous prenez comme une gifle en pleine face, comme une apparition qui vous électrise, et qui vous paralyse.

Une beauté que l'on dévisage pour ne pas en rater un millimètre, qu'on regarde de loin sans oser la toucher, comme une œuvre d'Art dans un musée. 
Une beauté qu'on garde en soi et qui défie les lois du temps.
Une beauté qui ne se complimente pas, parce qu'elle s'observe en silence, et parce qu'aucun mot n'est digne d'elle.Une beauté tellement forte, qu'elle en devient douloureuse.  Ca vous fout l'estomac en vrac et vous êtes soudainement enveloppée par cette étrange souffrance, a la fois douce et acérée.  Je ne sais pas si c'est à cause de la couleur des yeux, de la forme du nez, des traits du visage.

Je n'ai pas besoin de photo ou de vidéo. Je ferme les yeux et je le vois. Je laisse mon regard dans le vague et je le vois. Dans les reflets de la vitre du bus,  dans les pixels de mon ordinateur, dans les méandres de ma mémoire. Il est là. Tellement présent... Presque menaçant.

Et sa beauté, je ne sais plus si elle est intérieure, ou extérieure, et je ne sais même plus quand je l'ai trouvé beau.


Mais comme disait Oscar, « la beauté est dans l'œil de celui qui regarde ».

Quelque part entre la rétine et le cœur.

Publié par Célestétoile à 00:30:37 dans Sur le fil | Commentaires (7) |

La beauté du sale | 07 juillet 2006



Je ne sais pas pour vous, mais je ne pourrais jamais manger seule au restaurant. C'est un truc que je ne pourrais vraiment pas faire, être toute seule à table et me faire servir pendant que tous les autres autour de moi partagent leur repas. Pareil pour un café, et pour deux raisons : D'abord parce que je n'aime pas le café, et ensuite parce que je trouve ça incroyablement triste d'être dans un bar et de boire un verre tout seul. Je sais que des tas de gens le font, et que certains apprécient même ces moments de solitude, mais ça me parait infaisable. Même le ciné, je n'aime pas y aller seule. Pourtant ça m'est arrivé une fois. Un lundi après midi, morose, il pleuvait et j'avais froid. Je voulais voir ce film dont la bande-annonce m'avait intriguée, mais ça n'intéressait personne autour de moi (un film d'auteur italien sans têtes connues, forcément, ça attire moins les foules qu'un gringalet blond américain et un bateau qui coule). Résignée, et même un peu agacée, je m'y suis donc rendue seule, dans une petite salle pourrie, où j'ai retrouvé une dizaine de loosers qui comme moi pouvaient aller au cinéma un lundi après midi.
 

Et quand l'écran blanc s'est animé, j'ai oublié la pluie, les loosers, et même la solitude. Le film est définitivement noir, sale, mais d'une beauté rare. Il a ce côté un peu malsain qui vous colle a la peau, et qui reste accroché sur vous comme une sangsue, même quand vous êtes sortis de la salle de ciné et que la lumière de la rue vous fait mal aux yeux. Je ne suis pas fan des films de gangsters, et je n'étais pas née dans les années 70. Généralement, les bourrins qui ont besoin de tenir un révolver entre leurs mains pour se sentir virils, ça me fait doucement sourire. Autant dire que je n'étais pas la cible idéale pour plonger dans l'univers du film. Et pourtant, ce film m'a bouleversée, m'a inquiétée, et surtout, m'a fascinée. Peut-être parce que tout y est extrême, et absolu. Pur. L'amour, la mort, la trahison, la fatalité, la beauté. J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, et ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps d'être prise en otage par une œuvre cinématographique aussi intense. Tout y est très violent. Et il s'agit surtout de violence mentale. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si ce film m'a plu ou pas. Si je l'ai profondément aimé ou bien s'il m'a dérangée. Sûrement un peu des deux. J'ai été séduite par son poison, touchée par sa force toxique qui a parasité mon esprit pendant longtemps. Ca me fait penser à ces gens qu'on déteste mais qu'on ne peut pas s'empêcher de regarder. Qu'on a envie d'attirer même si on les trouve repoussants.  J'aime quand le cinéma me met une gifle. Ca réveille mes neurones. Ca change de tous ces programmes de télévision qui caresse les esprits dans l'espoir de les endormir.

Publié par Célestétoile à 00:19:41 dans Sur le fil | Commentaires (5) |

Il est grand temps de rallumer les étoiles | 22 juin 2006

(Guillaume Apollinaire)


Mon cœur est vide.
Ma tête est vide.
Mon compte en banque, lui aussi, est vide.
En fin de compte, il n'y a que la coupe, qui est pleine.

 

J'envoie des dossiers de fac, des demandes d'emplois, des mails, des lettres, des textos, des bouteilles à la mer. Globalement, j'essaie de vivre.
Mais la vérité, c'est que je n'y crois pas.


Il est donc grand temps de rallumer les étoiles. Guillaume a raison.
Mais il est où l'interrupteur ?


Et bordel, qui les a éteintes ?!

Publié par Célestétoile à 00:13:08 dans Sur le fil | Commentaires (3) |

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