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La plume | 23 juillet 2006

(Louise Attaque) 
 
Je te donne la plume pour que tu dessines
la plus belle ville que t'aies connue
le plus bel hymne que t'aies voulu
je te donne la plume
moi j'en veux plus

Je te donne la plume pour savoir vivre
parler, écrire et danser
pour rester ivre, bien éveillé
je te donne la plume et mes conneries,
garde-les

Je te donne la plume pour que t'inscrives
perpétuellement la vie à construire
ce mouvement si dur
je te donne la plume
moi j'en veux plus
voilà une heure
que je t'attends
voilà mon cœur, prudence en sortant
compter les heures
depuis longtemps
est revenu mon cœur
déposé en sortant.


Publié par Célestétoile à 03:20:05 dans Miroirs | Commentaires (0) |

Entre la rétine et le coeur | 17 juillet 2006



Je n'aime pas les tas de muscles, je n'aime pas les cheveux pleins de laque, je n'aime pas les corps cramés aux UV, je n'aime pas les garçons qui regardent les magasines pour savoir comment s'habiller. Je n'aime pas ces physiques si communs et si normaux qu'on voit sur les affiches dans le métro. Je n'aime pas le mec de la pub pour Meetic, qui me saute au visage quand je suis sur internet, avec son immonde petit sourire rassurant et son pull sur les épaules. Je n'aime pas les tentateurs de l'île, je n'aime pas les apollons des podiums.

Des garçons charmants, jolis, mignons, craquants, élégants, j'en ai vu des tonnes.


Mais un homme beau, je n'en vois qu'un. Un seul. Et c'est peu vu le nombre de personnes ayant déjà traversé mon champ de vision.
Je parle de cette beauté que vous prenez comme une gifle en pleine face, comme une apparition qui vous électrise, et qui vous paralyse.

Une beauté que l'on dévisage pour ne pas en rater un millimètre, qu'on regarde de loin sans oser la toucher, comme une œuvre d'Art dans un musée. 
Une beauté qu'on garde en soi et qui défie les lois du temps.
Une beauté qui ne se complimente pas, parce qu'elle s'observe en silence, et parce qu'aucun mot n'est digne d'elle.Une beauté tellement forte, qu'elle en devient douloureuse.  Ca vous fout l'estomac en vrac et vous êtes soudainement enveloppée par cette étrange souffrance, a la fois douce et acérée.  Je ne sais pas si c'est à cause de la couleur des yeux, de la forme du nez, des traits du visage.

Je n'ai pas besoin de photo ou de vidéo. Je ferme les yeux et je le vois. Je laisse mon regard dans le vague et je le vois. Dans les reflets de la vitre du bus,  dans les pixels de mon ordinateur, dans les méandres de ma mémoire. Il est là. Tellement présent... Presque menaçant.

Et sa beauté, je ne sais plus si elle est intérieure, ou extérieure, et je ne sais même plus quand je l'ai trouvé beau.


Mais comme disait Oscar, « la beauté est dans l'œil de celui qui regarde ».

Quelque part entre la rétine et le cœur.

Publié par Célestétoile à 00:30:37 dans Sur le fil | Commentaires (7) |

Tourner la page | 16 juillet 2006


(Poème de Alphonse de Lamartine)


Le livre de la vie est un livre suprême
Qu'on ne peut ni fermer, ni rouvrir à son choix;
Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois,
Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même;
On voudrait revenir à la page où l'on aime,
Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.



Publié par Célestétoile à 15:51:14 dans Miroirs | Commentaires (1) |

Cette fameuse étoile | 10 juillet 2006

 

A ton étoile 

(Noir Désir) 

Sous la lumière en plein
et dans l'ombre en silence
si tu cherches un abri
Inaccessible
Dis toi qu'il n'est pas loin et qu'on y brille...

A ton étoile

Petite sœur de mes nuits
ça m'a manqué tout ça
quand tu sauvais la face
à bien d'autres que moi
sache que je n'oublie rien mais qu'on efface

A ton étoile

Toujours à l'horizon
Des soleils qui s'inclinent
comme on a pas le choix il nous reste le cœur
tu peux cracher même rire, et tu le dois

A ton étoile

A Marcos
A la joie
A la beauté des rêves
A la mélancolie
A l'espoir qui nous tient
A la santé du feu
Et de la flamme
A ton étoile...

Publié par Célestétoile à 01:15:27 dans Miroirs | Commentaires (2) |

La beauté du sale | 07 juillet 2006



Je ne sais pas pour vous, mais je ne pourrais jamais manger seule au restaurant. C'est un truc que je ne pourrais vraiment pas faire, être toute seule à table et me faire servir pendant que tous les autres autour de moi partagent leur repas. Pareil pour un café, et pour deux raisons : D'abord parce que je n'aime pas le café, et ensuite parce que je trouve ça incroyablement triste d'être dans un bar et de boire un verre tout seul. Je sais que des tas de gens le font, et que certains apprécient même ces moments de solitude, mais ça me parait infaisable. Même le ciné, je n'aime pas y aller seule. Pourtant ça m'est arrivé une fois. Un lundi après midi, morose, il pleuvait et j'avais froid. Je voulais voir ce film dont la bande-annonce m'avait intriguée, mais ça n'intéressait personne autour de moi (un film d'auteur italien sans têtes connues, forcément, ça attire moins les foules qu'un gringalet blond américain et un bateau qui coule). Résignée, et même un peu agacée, je m'y suis donc rendue seule, dans une petite salle pourrie, où j'ai retrouvé une dizaine de loosers qui comme moi pouvaient aller au cinéma un lundi après midi.
 

Et quand l'écran blanc s'est animé, j'ai oublié la pluie, les loosers, et même la solitude. Le film est définitivement noir, sale, mais d'une beauté rare. Il a ce côté un peu malsain qui vous colle a la peau, et qui reste accroché sur vous comme une sangsue, même quand vous êtes sortis de la salle de ciné et que la lumière de la rue vous fait mal aux yeux. Je ne suis pas fan des films de gangsters, et je n'étais pas née dans les années 70. Généralement, les bourrins qui ont besoin de tenir un révolver entre leurs mains pour se sentir virils, ça me fait doucement sourire. Autant dire que je n'étais pas la cible idéale pour plonger dans l'univers du film. Et pourtant, ce film m'a bouleversée, m'a inquiétée, et surtout, m'a fascinée. Peut-être parce que tout y est extrême, et absolu. Pur. L'amour, la mort, la trahison, la fatalité, la beauté. J'ai mis plusieurs jours à m'en remettre, et ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps d'être prise en otage par une œuvre cinématographique aussi intense. Tout y est très violent. Et il s'agit surtout de violence mentale. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si ce film m'a plu ou pas. Si je l'ai profondément aimé ou bien s'il m'a dérangée. Sûrement un peu des deux. J'ai été séduite par son poison, touchée par sa force toxique qui a parasité mon esprit pendant longtemps. Ca me fait penser à ces gens qu'on déteste mais qu'on ne peut pas s'empêcher de regarder. Qu'on a envie d'attirer même si on les trouve repoussants.  J'aime quand le cinéma me met une gifle. Ca réveille mes neurones. Ca change de tous ces programmes de télévision qui caresse les esprits dans l'espoir de les endormir.

Publié par Célestétoile à 00:19:41 dans Sur le fil | Commentaires (5) |

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