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La fleur du mal | 01 octobre 2006

Vous voyez cette fleur ? (ben oui, vous êtes pas stupides, normalement vous la voyez).


Elle est jolie, non ? On la trouve en France, près des bois, dans les endroits humides. Elle pousse de façon sauvage, elle est libre, elle est belle. En plus, elle a un nom très poétique : « Le casque de Jupiter », à cause de ses fleurs en forme de petits chapeaux.


Oui, mais voilà :Cette fleur peut vous tuer.


Il suffit d'ingérer 2 à 5 mg de cette plante pour que cela soit mortel. Elle fait partie des plus toxiques de France. Et voilà ce qui va se passer si vous portez à votre bouche cette fleur du mal : Quelques minutes à peine après l'ingestion, vous allez avoir une sensation de brûlure dans la gorge. Puis votre langue va s'engourdir (accrochez vous ce n'est que le début). Ensuite viennent les vomissements et les diarrhées (oui, oui, en même temps). Puis les vertiges, et les troubles de la vue. Très vite, vous allez aussi perdre l'ouïe. Vous allez donc être complètement coupé du monde extérieur, prisonnier d'une immonde souffrance qui ne fera que s'accentuer. Votre cœur va commencer à battre de façon irrégulière, et deviendra de plus en plus faible. Vous aurez des crampes convulsives, et vos muscles vont se paralyser (vous remarquerez que dans ses conditions, il est plutôt difficile d'appeler à l'aide). Après ces réjouissances, vous allez finir par perdre connaissance, et votre cœur va s'arrêter. Ce qui est marrant, avec cette fleur, c'est que la victime reste consciente quasiment jusqu'à sa mort (enfin, « marrant », c'est une façon de parler). Au final, vous serez mort une demi-heure à peine après avoir ingérer le casque de Jupiter.


Violent.


Maintenant, regardez la fleur à nouveau.

...

Tout ça pour dire quoi ? Qu'il faut se méfier des apparences ? Oui, entre autre. Tout est à double tranchant.

Et le problème, dans la vie, c'est qu'on ne sait jamais à quel tranchant on a à faire.

Publié par Célestétoile à 11:46:10 dans Sur le fil | Commentaires (6) |

Blind | 29 septembre 2006

(Placebo)

bilal


If I could tear you from the ceiling
And guarantee source divine
Rid you of possessions fleeting
Remain your funny valentine

Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind

If I could tear you from the ceiling
I know the best have tried
I'd fill your every breath with meaning
And find the place we both could hide

Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind

You don't believe me
But you do this every time
Please don't drive me blind
Please don't drive me blind

I know we're broken
I know we're broken
I know we're broken

If I could tear you from the ceiling
I'd freeze us both in time
And find a brand new way of seeing
Your eyes forever glued to mine.

Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Don't go and leave me
And please don't drive me blind
Please don't drive me blind...

Publié par Célestétoile à 18:23:11 dans Miroirs | Commentaires (7) |

Le vernis qui craque | 26 septembre 2006

Parfois, je suis comme les papillons de nuit. Jolis, poétiques, colorés ? Non, stupide. Comme eux, je prends parfois de vulgaires lampadaires pour des soleils étincelants.

Selon ce que je regarde, selon ce que je ressens, mes yeux agissent comme l'objectif d'une caméra. Parfois je zoome à outrance, parfois je vois flou, et parfois je coupe au montage.

Je sais que c'est le lot de chacun, c'est ce qui s'appelle la subjectivité. Mais je trouve la mienne excessive. Quand j'aime un film, ou un livre, je le mystifie. Quand quelqu'un me plait, en fait, il ne me plait pas. Il me fascine. Je suis la reine du piédestal. Non pas parce que je suis dessus, mais parce que j'y place des tas de gens qui n'ont rien demandé, et qui se retrouvent sous mes projecteurs, dans une lumière qui les éblouit, forcés de jouer un rôle qu'ils n'assument pas forcément. C'est comme si j'avais une sorte d' « élite mentale » que je pense incapable de me décevoir. Sauf que souvent, le vernis de mes idoles se craquelle (« Quoi ? Tu veux dire que tu es juste humain ?! »). Au lieu d'être simplement déçue, je me sens abominablement trahie. Et cela ne me sert pas de leçon, puisque je retombe constamment dans le même piège de la déification. Je crois que c'est ce que Stendhal appelle la « cristallisation ».

Un de ces jours, je vais me brûler les ailes.

Publié par Célestétoile à 19:26:47 dans Sur le fil | Commentaires (10) |

Cette chanson que j'ai trop écoutée | 22 septembre 2006


(Da Silva)

L'indécision

Oh mon amour, je n'ai aucun regret de partir
Non mais vraiment je n'ai pas eu le coeur à m'étendre
sur de jolies choses passées en ta compagnie
sur de jolies choses passées, usées pour la vie

On n'a pas su recolorier le fond de l'écran
notre histoire pauvre en couleur
assombrie dans le gris, assombrit mon coeur
ne bat plus la cadence

... des jours heureux passés en ta présence

Oh mon amour, le temps ne suspend plus son vol
Attéré, attéri, abattu en plein vol
non mais dis moi vraiment à quoi on ressemble


Après toutes ces années à vivre ensemble...

Oh mon amour, je n'ai pas le courage de partir
Non mais vraiment je n'ai pas le coeur à entreprendre
de jolies choses et seul, sans ta compagnie
de jolies choses passées, se cogner à ma vie

Je n'ai pas su effacer le fond de l'écran
notre histoire pauvre en couleur
semble indélébile
Assailli mon coeur ne bat plus la cadence


... des jours heureux passés en ta présence

Oh mon amour, le temps ne suspend plus son vol
Atterré, atterri, abattu en plein vol
non mais dis moi vraiment à quoi on ressemble


Après toutes ces années à vivre ensemble...

Publié par Célestétoile à 15:27:43 dans Miroirs | Commentaires (5) |

Si ton coeur... | 12 septembre 2006

(Poème de Alfred de Vigny)


La maison du berger

Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie,
Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;
S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,
S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,
Eclairer pour lui seul l'horizon effacé ;

Si ton âme enchaînée, ainsi que l'est mon âme,
Lasse de son boulet et de son pain amer,
Sur sa galère en deuil laisse tomber la rame,
Penche sa tête pâle et pleure sur la mer,
Et, cherchant dans les flots une route inconnue,
Y voit, en frissonnant, sur son épaule nue
La lettre sociale écrite avec le fer ;

Si ton corps frémissant des passions secrètes,
S'indigne des regards, timide et palpitant ;
S'il cherche à sa beauté de profondes retraites
Pour la mieux dérober au profane insultant ;
Si ta lèvre se sèche au poison des mensonges,
Si ton beau front rougit de passer dans les songes
D'un impur inconnu qui te voit et t'entend,

Pars courageusement, laisse toutes les villes ;
Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin
Du haut de nos pensées vois les cités serviles
Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.
Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,
Libres comme la mer autour des sombres îles.
Marche à travers les champs une fleur à la main.

Publié par Célestétoile à 12:47:38 dans Miroirs | Commentaires (4) |

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