Musique : « La terre ferme », Luke


Soirée guitare chez Jef. Là, il était en train de m'expliquer que ce qu'il jouait était très compliqué, qu'il y avait à la fois un rythme binaire et un rythme tertiaire, et je ne sais trop quoi encore... Je ne prêtais pas trop attention à sa voix, je hochais la tête de temps à autre pour lui faire croire que ça m'intéressait. J'étais complètement fascinée par ses mains qui se contorsionnaient avec passion sur les cordes de l'instrument. Je prenais des photos au hasard en écoutant le claquement des notes.


Une heure du matin, à l'abri du vent dans la voiture à l'arrêt. Devant nous, la mer, éclairée par la lumière rousse. Au loin, (si si, regardez bien), un phare qui nous fait des clins d'oeil, avec les lueurs de Marseille qui scintillent dans la nuit. Avec, en fond sonore, la radio qui grésille et qui crache péniblement la voix rauque d'un chanteur italien non identifié.
Publié par Célestétoile à 23:00:36 dans Sur le fil | Commentaires (23) | Permaliens
Je m'envole dès demain vers le Sud, en laissant, pour quelques temps, mon petit nid parisien vide. J'ai besoin de me poser sur d'autres branches, de voir d'autres oiseaux (les pigeons, ça commence à bien faire)...
Publié par Célestétoile à 18:54:40 dans Sur le fil | Commentaires (17) | Permaliens
Aujourd'hui, c'était la folie, je n'ai pas eu une minute à moi.
J'ai :- Soupiré un bon millier de fois
- photographié sous tous les angles Dinah qui dormait
- écouté la radio en fixant bêtement mon écran d'ordinateur
- pensé a faire mon lit puis laissé tomber l'idée en reportant à plus tard
- imaginé avoir une roue de hamster géante dans mon studio (au moins ça m'occuperait)
- songé à faire une sieste (alors que j'ai dormi
- envoyé des mails à haute teneur intellectuelle
- Regardé la pluie tomber pendant bien 10 minutes
- Fait des recherches à la con sur google.
Mais le point culminant de la journée, c'est quand j'ai répondu au téléphone et que c'était une erreur.
Vive les vacances.
Publié par Célestétoile à 20:24:43 dans Sur le fil | Commentaires (10) | Permaliens

Eté 67 Le quartier de la gare
Dans toutes les villes du monde
Le quartier le plus immonde
C'est toujours celui d'la gare
Ou l'on ose pas sortir le soir
Il y a des gens de passage
Qui on comme arme leurs bagages
Qui dissimulent mal leur stress
Ce qui m'intéresse c'est ceux qui restent
Je veux parler des putes et des travelos
Des camés et des proxos,
Des arrières salles dans les bars,
Et puis du flingue sous l'comptoir
Y a ceux qui courent au boulot
Y a les chiens et leurs clodos
Toi tu n'oses pas mettre le nez dehors
Et moi j'en crève tellement j'adore
Y a toujours de la lumière
Pour éclairer la misère
Y a ceux qui meurent et ceux qui s'marrent
Dans l'quartier d'la gare
Ca s'appelle Guillemin ou Termini
Gare du nord, ou du midi
Ca s'appelle gare d'Austerlitz
Ou bien Waterloo Station
Et pourtant, c'est partout pareil
Sous la pluie ou sous l'soleil
Des hommes dorment sous des cartons
Pendant que d'autres pensent a leur pognon
Il y a les poètes et les artistes
Les jongleurs pour touristes
Ca sent le rêve et l'désespoir
L'illusion et l'film noir
Dans toutes les villes du monde
Le quartier le plus immonde
C'est toujours celui d'la gare
Ou l'on ose pas sortir le soir
Y a toujours de la lumière
Pour éclairer la misère
Y a ceux qui meurent et ceux qui s'marrent
Dans l'quartier d'la gare
Dans l'quartier d'la gare
Dans l'quartier d'la gare...
Publié par Célestétoile à 07:56:07 dans Miroirs | Commentaires (7) | Permaliens
Hier, au boulot, je m'ennuyais (les heures creuses sont terribles) quand deux Asiatiques sont arrivés. Ils avaient l'air un peu paumés, et visiblement, aucun vendeur n'avait eu la patience de les renseigner (leur anglais étant très très approximatif). Comme j'ai le cœur sur la main (et qu'au bout d'un moment, faire des fleurs en pièces de 10 centimes, ça devient lassant), je les ai aidés à trouver ce qu'ils cherchaient. Ils étaient tellement reconnaissants que l'un d'eux m'a donné une pièce de monnaie étrangère en me répétant « Present ! present ! » et en arrêtant pas de faire des petits saluts devant moi (c'était limite gênant).
Ils sont partis, et je me suis donc retrouvée, un peu perplexe, avec cette pièce argentée (d'origine coréenne) dans la main. Elle n'a sans doute aucune valeur, je suppose que c'est un cadeau symbolique... Mais qui sait ? Une pièce qui vient d'une contrée aussi lointaine, ça laisse rêveur... Moi, ça m'a toujours fascinée d'imaginer le trajet des pièces à travers le monde (y'en a qui cherchent des vaccins ou la vérité sur l'origine du monde, et moi, tout ce qui m'intéresse, c'est le passé de petits cercles métalliques muets. Chacun ses obsessions, que voulez vous...).
Vous vous rendez compte que cette pièce voyage depuis presque 20 ans (elle date de 1988)... Vous imaginez dans combien de mains elle est passée, du fin fond de la Corée jusqu'à la poche de mon jean ? Je pensais à tout ça quand je me suis dit que c'était peut-être une pièce magique, un talisman secret porteur d'une malédiction, ou une clef qui ouvre un coffre caché dans un endroit mystérieux (endroit qu'on retrouverait grâce aux chiffres gravés sur la pièce, bien sûr). Si là, vous vous dîtes que je regarde trop de films, laissez moi vous répéter que je m'ennuyais ferme à ce moment là.
Bref. Persuadée que cette pièce avait quelque chose de spécial (mais à part ça, quand on me demande si je suis superstitieuse, je réponds non), je me suis mise en tête de lui poser une question. UNE SEULE question (oui parce que si on a droit à plusieurs questions, ça enlève le caractère sacré de la chose). Je n'ai pas réfléchi longtemps à ma question. Elle m'est venue tout de suite :Au moment où j'écris ces lignes, je n'ai toujours pas jeté la pièce en l'air.
(Irrécupérable, jusqu'au bout).
Publié par Célestétoile à 13:32:44 dans Sur le fil | Commentaires (14) | Permaliens