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Face B | 06 novembre 2007

(Petite déprime du Mardi)

J'ai cru un moment que j'avais semé DarkCéleste en marchant plus vite qu'elle, sur des sentiers qu'elle n'aurait de toutes façons jamais eu l'idée d'emprunter. Mais je me suis trompée. DarkCéleste est toujours là. Elle me suit comme une chienne, elle est mon ombre, mon souffle, mon regard dans le miroir. Je voudrais qu'elle me laisse, mais pourtant il m'arrive de jeter un coup d'œil derrière moi pour voir si elle est bien là. Je crois même que je lui ai tendu la main plusieurs fois, quand elle n'arrivait pas à me suivre. DarkCéleste m'étouffe avec ses grands bras noirs et son souffle froid. Et pourtant, d'un autre côté, elle me rassure. Je reviens souvent vers elle, après les batailles perdues, après les désillusions, après les blessures. Je me réfugie dans la chaleur de ses larmes, je paye le prix qu'elle me demande, son tarif est le mien. Toujours. Par faiblesse, par envie ? Je n'en sais rien. J'ai peur de DarkCéleste. Je ne sais plus très bien si c'est moi qui vient d'elle ou elle qui vient de moi. Je ne sais même pas si on est vraiment deux. Elle me fait de la peine. Mais j'imagine que la réciproque est vraie. Parfois, quand j'ai une idée, un espoir, un désir, elle me le prend des mains telle une enfant hystérique et capricieuse et elle le froisse comme une boule de papier. Quand je décide d'avancer, elle se jette a mes pieds comme une furie, et m'attrape les chevilles pour m'empêcher de marcher. Alors je la traîne, comme un prisonnier traîne son boulet. Elle me regarde essayer de vivre et ça la fait rire, parce qu'elle sait bien que c'est un combat inutile. Parfois, je ne la vois pas, mais je sens sa présence. Je sais qu'elle guette un faux pas. Elle est là, patiente, tapie dans l'obscurité. Et elle attend. Elle attend que je tombe. Il suffit souvent d'un rien. Et quand je tombe, elle se précipite sur moi dans un cri sourd, m'écrase les mains, enfonce mon visage dans la boue et rit de plus belle. Elle adore me détester tout en sachant que je l'aime. Et je dois bien avouer, malgré l'étrangeté de cette confession,  que je l'admire un peu. Il y a chez elle cette grandeur et cette intégrité que je n'ai pas. Cette pureté, cette absolue sincérité, cette certitude, cette intransigeance. Cette poésie. C'est par elle que viennent les mots. C'est par elle que passent les vibrations de la musique. C'est elle qui se souvient du passé, des noms, des visages. Elle est imprégnée d'odeurs, de voix, de fibres de tissus, d'ADN que j'ai frôlés... Et parfois, dans un soupir de lassitude et de mélancolie, je me dis qu'elle est plus vivante que moi, malgré son regard de morte. 

Publié par Célestétoile à 12:43:05 dans Sur le fil | Commentaires (27) |

C'est bon la honte | 02 novembre 2007

Quelques trucs dont je ne suis pas très fière, mais qui me font quand même sourire.


- Pendant un entretien d'embauche (pour travailler dans une librairie), j'ai décidé de me la jouer flatteuse, j'ai donc raconté mes fabuleux achats dans cette géniale librairie, jusqu'au moment où je me suis aperçue qu'en fait je parlais d'une autre enseigne... 

- J'aime les comédies romantico-niaises américaines, même si je dis que ce sont des comédies romantico-niaises américaines (avec un dédain affiché).

- J'ai peur des chevaux.

- Lors d'une énorme dispute avec ma sœur, avec un air méprisant et un regard haineux, j'ai dit, d'une voix glaciale qui aurait fait frémir tous les grands acteurs shakespeariens : -« Alors ça, je peux te dire que c'est pas tombé dans l'œil d'un sourd !!! » (au lieu de « L'oreille » d'un sourd...). Il va sans dire que mon effet tragico-dramatique (pourtant subtilement travaillé) est complètement tombé à l'eau. Depuis, cette expression est rentré dans le langage courant, dans ma famille...
 
- J'ai gardé le meilleur pour la fin : Pendant ma première méga-cuite (je le laisse « première » ? Non parce que ça sous entends qu'il y en a eu d'autres, je sais pas si c'est une bonne idée), il y a quelques années, (cuite intersidérale que je n'avais pas vu venir, non non, parce que je croyais naïvement que j'allais sortir indemne de la descente solo  d'une bouteille de Soho-grenadine en 30 minutes chrono), j'ai vomi sur mon lit, et, comble du pire (oui ça se dit), j'ai failli m'endormir dans ma... heu...production. Merci à mon sauveur de l'époque pour m'avoir alors soulevée et trainée jusqu'à la salle de bain, évitant ainsi à mon honneur de sombrer définitivement dans les oubliettes de la vie. 

Bon, ma réputation en prend un coup, je sais...

Mais vous allez rester, quand même, hein ?

Hein ?

Publié par Célestétoile à 14:38:38 dans Sur le fil | Commentaires (44) |

Métro, resto, impro | 24 octobre 2007

(Photo : Plafond du restaurant Népalais)

Sacha m'a proposé de venir voir le spectacle d'une troupe d'improvisation, dans un tout petit théâtre. Elle connaît certains acteurs de l'équipe. [Fans des feux de l'amour, bonjour : En fait il y a dans cette troupe le frère jumeau de son ex-amant, amant qu'elle avait alors qu'elle était encore avec son ancien copain (que j'adorais et qui est maintenant parti noyer son chagrin dans les bars de Barcelone). Elle a fini par le quitter (son copain, pas l'amant), mais son amant, lui, n'a pas quitté sa copine officielle... Et figurez vous que celle-ci fait aussi partie de la troupe d'impro, et elle ignore bien sûr totalement que son copain l'a trompée avec Sacha (avec qui elle est copine), mais bon maintenant c'est fini entre eux et Sacha a un nouveau copain -qui était là aussi avec un copain à lui (ils ont un groupe de musique)- et il ignore que Sacha est sortie avec le frère jumeau de l'acteur de la troupe (il est d'ailleurs pote avec lui). Et moi je sais tout et je ne dois rien dire.]

Donc, tout ça pour dire que j'ai affronté le froid parisien et que je me suis tapé 15 stations de métro pour la retrouver dans un restaurant Népalais qu'elle voulait absolument me faire découvrir (et elle avait raison, je suis tombée follement amoureuse du poulet à la noix de coco et aux amandes). Ensuite on est allé au théâtre rejoindre les autres. Les décors sentaient le bidouillage-maison à plein nez, les costumes étaient simplistes, l'éclairage neutre. Mais les acteurs étaient tous bourrés d'humour et de poésie, c'était un plaisir de les voir évoluer sur scène. Plein de délires, de rires, de talent... Ca m'a fait penser aux Robins des Bois, c'était à la fois décalé, surréaliste et très pertinent.  

A la fin du spectacle, on est allés leur parler, mais la fermeture des métros approchant, on a dû se résoudre à partir. Sacha et les autres ont pris une ligne, j'étais seule avec un des acteurs à en prendre une autre. On a papoté ensemble pendant un moment (pour le coup j'étais plutôt contente de me retaper les 15 stations...). C'était marrant de le voir « en civil » sous les néons blafards du métro, alors qu'une demi heure avant, il était éblouissant et charismatique sous les projecteurs du théâtre. En discutant, on s'est rendu compte qu'il connaissait le slameur qui a organisé la soirée à laquelle j'ai assistée avec le baby-sitter il y a deux semaines. Comme quoi, le monde est petit, même à Paris. On a parlé, et parlé encore, et puis la station Opéra a coupé court à notre discussion.
 

Publié par Célestétoile à 02:03:23 dans Sur le fil | Commentaires (9) |

Finalement... | 18 octobre 2007

paris

- Musique : Radiohead par Damien Saez -

- Photo : Paris, ce matin -
 

... Il y a des choses pires qu'une grève des transports.

Certes, j'ai dû me lever aux aurores ...

Certes, j'ai dû marcher une heure et demi dans Paris pour aller à la fac...

Certes, je me suis partiellement perdue, puis retrouvée, puis reperdue, puis rendue compte qu'en fait je n'étais pas perdue...

Mais tout ça n'a finalement que très peu d'intérêt, comparé au moment fort de cette longue marche :

Quand je suis arrivée sur les quais de Seine, après avoir arpenté des petites rues sombres et grises, j'ai aperçu au loin le soleil se lever, juste au moment où la voix de Saez, vibrante dans mes écouteurs, entamait le début de High and Dry.

Si ça c'est pas de la poésie...

Publié par Célestétoile à 21:22:25 dans Sur le fil | Commentaires (6) |

C'est peut-être ce qui nous attend | 09 octobre 2007

« La vie des autres » : L'affiche m'avait intriguée au moment où elle était placardée dans les couloirs du métro, mais je n'avais pas vraiment trouvé le temps de m'intéresser au film. Ce week-end, je suis allée le voir dans une petite salle de Paris (qui doit être une des dernières à le projeter). Pour faire un résumé rapide, cela retrace l'histoire de plusieurs personnages en Allemagne (ou plutôt en RDA) durant les années 80, et jusqu'a la chute du mur de Berlin. Je connaissais mal cette période de l'histoire allemande, et j'ai appris pas mal de choses sur les problèmes de liberté d'expression des artistes de l'époque et sur les méthodes de la Stasi pour faire taire les plus dérangeants. J'ai trouvé le film particulièrement touchant et subtil. Il est suffisamment émouvant pour ne pas être fade mais avec une réalisation suffisamment pudique pour ne pas tomber dans le mélodramatique. La situation politique du pays est abordée avec finesse et la violence sournoise de cette époque transpire de chaque plan. J'ai adoré la fin, j'aimerais croire que ce genre d'histoire, ou plutôt ce genre de personne a vraiment existé.

C'est le genre de film auquel je vais penser longtemps, il y en a peu comme lui qui ont su  jeté leur ancre dans mon esprit.

Publié par Célestétoile à 00:03:37 dans Sur le fil | Commentaires (16) |

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