Publié par Célestétoile à 14:01:21 dans Miroirs | Commentaires (2) | Permaliens

Je ne sais pas ce qui se passe, depuis deux mois. Ca a commencé par un sentiment de pression et d'empressement. Je me sentais réellement dépassée par les évènements, par la fac, mais pas seulement. Ensuite, y'a eu la période d'hyperaction, genre je marche, je marche, j'avance dans ma vie, mais nooooon j'ai pas mal aux jambes, mais en fait si, et je finis par m'écrouler. Après, y'a eu la période je-m'en-fous-de-tout, je mets des œillères, "tout va bien-je gère-je maîtrise", et puis, au fond, cette petite douleur qui vous dit que vous êtes une sale menteuse. Alors forcément, PAF, DarkCéleste, qui n'était pourtant pas invitée, défonce la porte, et vient se vautrer dans votre canapé mental, devant la télé de votre petite vie, et elle se délecte en bouffant du pop corn devant ce film tellement mal réalisé. Mais "techniquement", tout va bien, j'ai un stage de trois mois (cet été) dans une graaaande maison d'édition, je pense que les partiels ne me poseront pas de problemes, je fais beaucoup de baby sitting (donc financièrement, ca va, après un gros creux, j'ai fini par remonter la pente). Mais voila, je suis pas bien, enfin je veux dire, y'a plein de choses qui tournent autour de moi et je me dis "Mon dieu, mais où je suis ?", je ne sais plus ce que je veux, ce que je vis, ce que je vois. J'ai envoyé balladé le baby sitter qui s'est montré trop entreprenant avec moi, en fait, je fais comme ca depuis un moment, je crois. Je fais ma sauvage. Je pensais être en jachère, je me demande maintenant si je suis encore cultivable. La musique que j'ecoute en boucle ne m'aide pas vraiment, en fait y'a pas mieux pour naviguer dans les eaux noires de la déprime. Je suis loin de tout, les choses quotidiennes me semblent floues, je ne suis pas vraiment dans la realité. Je crois que je fais naufrage, il est où le radeau, bordel, il est où, mon radeau, elle est où, mon île ?
Je sais à l'avance qu'il ne va pas me plaire, ce stage, je l'ai senti le jour de l'entretien, pour vous dire, y'avait même pas de livres, y'avait que des ordinateurs, partout, et des gars en costards qui ne te regardent pas, des portes transparentes, des réunions dans des bureaux qui sonnent faux, on dirait des décors de films, je sais que je vais détester, c'est de la poudre aux yeux, tout ça. Je sais que la petite maison d'édition va me manquer, là bas c'était petit, oui, mais on sentait l'odeur des pages, le parfum de l'encre, y'avait des livres partout, et des affiches au mur, et des sourires, et des gens qui te regardent dans les yeux.
Bref, je ne sais pas ou j'en suis. Je ne peux pas dire que je suis dans la déprime. C'est plutôt de la rage, en fait, de l'énervement... J'ai toujours envie de pleurer mais je ne sais pas pourquoi, je suis sur les nerfs tout le temps, je trouve que tout est triste, que tout est raté, que tout est bancal, je trouve que je suis la premiere à être triste, à être ratée et à être bancale. Peut-etre que j'ai juste besoin de vacances. Non, pas de vacances, en fait, je m'en fous d'avoir des vacances si c'est pour tourner dans mes 18m² comme une lionne en cage. Je voudrais plutot un Voyage, n'importe où, partir loin de Paris, même une journée, être ailleurs et ne pas penser.
Publié par Célestétoile à 19:04:26 dans Sur le fil | Commentaires (9) | Permaliens
Je suis vivante !
Si, si.
(Je suis sous le tas de sable, en bas).
Publié par Célestétoile à 11:11:13 dans Sur le fil | Commentaires (18) | Permaliens
Aujourd'hui, une gamine de 7 ans m'a fait comprendre à quel point elle était supérieure à moi socialement parlant.
Normalement, quand je vais chercher la petite Juliette, j'ai les clefs de son apart, mais là, je les avais oubliées chez moi (je ne sais pas où j'ai la tête en ce moment)... Il a donc fallu que je la récupère a l'école, qu'on aille chez moi chercher les clefs, qu'on aille chez elle chercher ses partitions de piano, puis qu'on aille chez la fille qui lui donne ses cours de musique... (Je suis atrocement jalouse, j'ai toujours voulu faire du piano).
Le soir, alors que j'étais encore là, elle a expliqué l'anecdote à sa mère et son beau-père qui venaient de rentrer, donc « ah ah ah tout le monde rigole qu'est ce que c'est marrant d'avoir fait un million d'aller-retours en métro », et puis, en guise de conclusion, elle a lâché cette phrase :
- « Et ben tu sais quoi maman, et ben Céleste, elle vit dans une maison MINUSCULE !! » (Elle a bien appuyé sur le mot « minuscule » en prenant une voix stridente et un air hautain-horrifié).
Et là, bien sûr, gros silence gêné.
C'est sûr que comparé au palais où elle vit... Au début, quand je venais chez elle, je me perdais dans les couloirs (c'est vous dire...).
La mère semblait gênée, elle ne savait pas trop quoi dire : -« Heu, ah, mais heu... Oui, mais Céleste quand elle aura un métier, elle aura une grande maison comme nous !! »
Et là, personne n'y a cru, même pas la petite, je crois, parce que pour avoir un apart comme eux, il faudrait que je sois quelque chose comme présidente de la république.
Publié par Célestétoile à 00:01:57 dans Sur le fil | Commentaires (10) | Permaliens
En ce moment, je babyssitte beaucoup, pour panser les plaies financières de décembre. C'est un peu lassant, par moments. Surtout quand je passe une demi heure à expliquer au petit Axel, que non, on n'a pas vraiment gagné la partie quand on a gagné en trichant, et que tout ce qu'il trouve à me répondre, c'est un « Mais si ! » indigné et sans appel (de toute façon je ne vois pas pourquoi je m'obstine à philosopher sur la notion de réussite avec un gamin de 4 ans). Je fais du repassage rémunéré, aussi. Encore pire que le baby-sitting, dans la mesure où un fer à repasser, ça a encore moins de conversation qu'un enfant de 4 ans. Avec le recul, quand je me vois faire la nounou et le ménage pour les familles aisées de Paris, je me dis que je suis vraiment loin de mes ambitions, moi qui rêve (encore et malgré tout) d'intégrer le milieu littéraire. Le chemin est encore bien long, et incroyablement brumeux, si bien que j'ai parfois du mal à me rappeler de ma destination. Je pensais à ça, l'autre jour, à
Il y a quelques jours, je suis retournée voir les gens de la petite maison d'édition. Ca m'a fait tout drôle de revoir les couloirs, les bureaux, les maquettes des futures sorties accrochées au mur... Et puis les membres de l'équipe, bien sûr. Gad, par exemple, était égal à lui-même, c'est-à-dire délicieux, mais il est toujours avec sa Julie-de-merde (J'ai dit « Julie de merde » ? Oh, pardon, je voulais dire « Julie »). Ils m'ont donc accueillie à bras ouverts et m'ont offert les dernières publications. Parmi elles, il y avait un livre dont j'ai préparé la parution avec le directeur, au mois de Juillet. Ils ont gardé le texte de la quatrième de couverture que j'avais rédigé à l'époque. Ca m'a fait plaisir de voir une partie de mon « travail » sur le dos d'un livre. Ensuite, on est allé manger tous ensemble dans un restaurant italien du centre. Une lumière feutrée, de grands rideaux rouges, une déco des plus traditionnelles, de la vieille musique, et un patron chaleureux qui donne l'impression de chanter quand il parle. C'est simple, on se serait cru dans « La belle et le clochard ». C'était vraiment un chouette repas.
Tout comme le « goûter » (Despé, galette des rois, chocolats) spécial « copines de fac » que j'ai organisé chez moi, ou comme les délires avec mes ex collègues de chez Mister Burns. Ca va être dur de reprendre les cours.
Publié par Célestétoile à 21:18:54 dans Sur le fil | Commentaires (13) | Permaliens
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